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Sobriété énergétique : comment réduire jusqu’à 70 % des GES

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Comment les entreprises peuvent-elles faire leur part pour la planète (et réduire leurs dépenses) en prenant des mesures pour diminuer le gaspillage d’énergie ? La sobriété énergétique, ça vous dit quelque chose ? C’est le nouveau mot d’ordre pour lutter contre les changements climatiques.

Pour preuve : le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) consacrait – pour la première fois – un chapitre entier à ce sujet. Selon ses auteurs, « les politiques de sobriété évitent la demande en énergie, matériaux, eau et sol tout en offrant à chacun une vie décente dans les limites planétaires ». Elles permettraient une réduction de 40 % à 70 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050 en encourageant des changements de modes de vie et des transformations sociales importantes.

Le cabinet-conseil The Green Link, spécialisé en développement durable, a colligé plus de 4 800 bonnes pratiques et solutions technologiques afin d’aider ses clients à diminuer leur empreinte écologique, qu’il s’agisse de pratiques éprouvées, de matériaux alternatifs ou de technologies vertes. « Si toutes les entreprises changent ce qu’elles peuvent à leur échelle, on arrivera à courber la trajectoire climatique », croit Bernard Lebelle, fondateur de The Green Link. Surtout lorsqu’on sait que le milieu des affaires est responsable de 61 % de la demande d’énergie dans la province.

L’incitatif économique

Au-delà des convictions environnementales, la sobriété énergétique allège les dépenses des entreprises, un incitatif non négligeable dans le contexte économique actuel. Outre la flambée du prix du pétrole, le coût des énergies ne peut aller qu’en augmentant, surtout si elles proviennent de l’industrie fossile.

« Si votre consommation d’énergie est importante, attendez-vous à payer encore plus cher et, par conséquent, à devoir augmenter vos prix et à réduire votre marge de profit », prévient Bernard Lebelle.

 

Les entreprises doivent également se préparer à rendre des comptes. À Montréal, les propriétaires de bâtiments de 15 000 m2 et plus doivent déjà divulguer leurs sources d’énergie et les quantités qu’ils consomment. Dès 2024, l’obligation touchera aussi les édifices de 2 000 m2 ou de 25 logements et plus. L’objectif avoué de la Ville : attribuer des cotes de performance afin d’inciter les gestionnaires immobiliers à adopter de meilleures pratiques.

Ce type de cotation s’inspire des nouvelles normes internationales, telles que les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), qui évaluent les entreprises en fonction de leur impact sur l’environnement. « Les banques utilisent de plus en plus ces indicateurs pour décider si elles financent ou non une entreprise », observe Bernard Lebelle. D’où l’intérêt de ne pas attendre plus longtemps pour prendre part à la transition énergétique.

Sobriété : mode d’emploi

Et comment devient-on sobre énergétiquement ? Dans un premier temps, Bernard Lebelle conseille d’évaluer quelles sont les principales dépenses d’énergie de votre entreprise : concernent-elles les bâtiments, les chaînes de production ou les centres de données ? Et existe-t-il un outil, un processus plus efficace qui donnerait le même résultat ? « Il faut prendre le temps de faire du sourcing (recherche de fournisseurs et candidats) et ne pas hésiter à demander conseil pour maintenir le même niveau de production en réduisant drastiquement votre consommation d’énergie et, du coup, votre facture. »

Évidemment, les enjeux ne seront pas les mêmes pour une multinationale que pour une PME. Reste que certaines bonnes habitudes sont à la portée de tous. « Il faut dépasser le classique changement pour des ampoules à DEL. Les entreprises peuvent aller beaucoup plus loin », illustre-t-il. Les entreprises peuvent ainsi programmer l’extinction des bureaux et des enseignes lumineuses la nuit, installer des détecteurs dans les stationnements pour éviter qu’ils ne soient éclairés en permanence, ou encore adopter le mode sombre par défaut pour tous les ordinateurs de leur organisation. Adapter les conditions thermiques selon l’occupation du bâtiment est aussi une solution à faible coût pour une meilleure gestion de l’énergie. Autant d’actions qui s’additionnent et qui auront un impact sur la facture d’électricité.

Certains appareils énergivores peuvent plomber les efforts de sobriété. Bernard Lebelle donne l’exemple des appareils désuets qu’on met en veille plutôt que de les éteindre parce qu’ils sont trop lents à redémarrer. Les entreprises ont avantage à les remplacer par des modèles plus récents, identifiés par une étiquette comme Energy Star, qui offrent une bien meilleure performance.

Il précise que la sobriété énergétique ne concerne pas uniquement les chaînes de production, mais tous les services d’une entreprise, du marketing aux ressources humaines en passant par le transport. « Vous pourriez décider d’échanger vos camions de livraison au centre-ville par des triporteurs électriques ou simplement changer le réfrigérateur de la cafétéria. Il n’y a pas une seule façon de faire : il y en a plusieurs. »  

Sevrage de l’énergie fossile - Ville de Montréal

Sevrage de l’énergie fossile

La décarbonation des immeubles de bureaux représente une étape essentielle vers la sobriété énergétique. Au Québec, une grande partie des édifices commerciaux et institutionnels sont encore chauffés et climatisés par des combustibles fossiles. Si bien que le secteur immobilier est responsable de 10 % des émissions de CO2 de la province. Un chiffre qui pourrait être revu à la baisse si on convertissait ces mêmes édifices à l’électricité.

Le fondateur de The Green Link encourage les promoteurs immobiliers à privilégier l’écoconception pour leurs nouveaux édifices afin d’optimiser leur efficacité énergétique. Les propriétaires peuvent également profiter des subventions offertes par les villes pour décarboner leurs bâtiments existants. Pour éviter les pertes d’énergie, il faut investir dans une meilleure isolation, par exemple en fibre de bois, « qui est beaucoup plus propre que la laine de roche et de verre ». Il est également possible d’opter pour des pompes à chaleur « qui jouent à la fois le rôle de climatiseur et de source de chauffage », tout en divisant par trois la consommation d’électricité. Pour les bâtiments dotés de générateurs diesel, Bernard Lebelle suggère de troquer le mazout pour un biocarburant.

Hilo : un allié de la sobriété énergétique des bâtiments

Ce n’est pas tout : la gestion intelligente de la puissance avec Hilo permet de contribuer à la sobriété énergétique du Québec en entier. En périodes de pointe hivernales, lorsque le réseau d’Hydro-Québec est particulièrement sollicité, les entreprises sont appelées à participer aux défis Hilo afin de diminuer leur demande d’électricité. En échange de leurs efforts pour limiter leur consommation, elles obtiennent des récompenses en argent qui peuvent être réinvesties dans des projets de décarbonation.

Hilo offre un accompagnement personnalisé et entièrement automatisé pour déployer les meilleures stratégies énergétiques pendant les périodes de pointe hivernales. Le service pour bâtiments offre une prise en charge complète pour l’installation de la technologie capable de moduler le chauffage, la ventilation et l’humidification. Dans un avenir rapproché, il sera aussi possible d’intégrer des équipements, tels que des panneaux solaires et des batteries de stockage pour libérer de l’énergie sur le réseau au moment opportun.

« Il y a une quantité limitée de ressources sur cette planète. On doit les consommer de manière responsable », rappelle Bernard Lebelle. Heureusement, il existe des solutions clés en main, comme Hilo. « Après, il faut avoir le courage de s’y attaquer. À long terme, c’est ce qu’il y a de mieux à faire. »